
Les grands nœuds de l'histoire politique française
Aux origines de la polycrise
Résumé
Et si notre histoire récente s’était jouée à quelques bifurcations près ? Il est des moments où l’histoire hésite. Où tout aurait pu prendre un autre cours. Ces moments, Jean-François Sirinelli les appelle des nœuds. Parmi eux, l’année 1947 et l’envol raté de la IVe République, prise entre guerre froide et guerres coloniales ; 1958, la réinitialisation ; Mai 68, test d’effort grandeur nature ; 1974, l’adieu aux « années faciles » ; 1983, ce nœud gordien que la gauche n’a jamais tranché ; et 2024, le retour du nœud coulant que la Ve avait desserré deux tiers de siècle durant.
Certains de ces nœuds ont été dénoués. D’autres sont devenus des freins, puis des blocages. En 1988, on croyait encore la République « entrée au port » ; le dérèglement, lui, avait déjà commencé, à bas bruit, et il allait déliter la société française.
Marc Bloch avait nommé « l’étrange défaite » l’effondrement de 1940. C’est une énigme du même ordre que l’historien affronte ici : celle de l’« étrange langueur » qui a saisi le pays.







